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Compilation de textes - Page 5

  • Sartre : "L'homme n'est rien d'autre que son projet"

    "L'homme n'est rien d'autre que son projet. Il n'existe que dans la mesure où il se réalise, il n'est donc rien d'autres que l'ensemble de ses actes, rien d'autres que sa vie. D'après ceci, nous pouvons comprendre pourquoi notre doctrine fait horreur a un certain nombre de gens. Car souvent ils n'ont qu'une manière de supporter leur misère, c'est de penser " Les circonstances ont été contre moi, je valais beaucoup mieux que ce que j'ai été ; bien sûr, je n'ai pas eu de grand amour, ou de grande amitié, mais c'est parce que je n'ai pas rencontré un homme ou une femme qui en fussent dignes, je n'ai pas écris de bons livres, c'est parce que je n'ai pas eu le loisir de le faire, etc... Or en réalité, pour l'existentialiste, il n'y a pas d'amour autre que celui qui se construit, il n'y a pas possibilité d'amour autre que celle qui se manifeste dans un amour ; il n'y a pas de génie autre que celui qui s'exprime dans des œuvres d'art. Un homme s'engage dans sa vie, dessine sa figure, et en dehors de cette figure, il n'y a rien."

    Jean-Paul Sartre, L'Existentialisme est un Humanisme (1946)

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  • Schopenhauer : "Nous sommes tous nés en Arcadie"

    schopenhauer"Nous sommes tous nés en Arcadie, autrement dit nous entrons dans la vie pleins d’exigences de bonheur et de jouissance, et nous avons l’espoir fou de les réaliser jusqu’à ce que le destin nous tombe dessus sans ménagement et nous montre que rien n’est à nous, qu’au contraire tout est sien puisqu’il a un droit incontestable non seulement sur tout ce que nous possédons et acquérons, mais encore sur nos bras et nos jambes, nos yeux et nos oreilles, et même sur le nez au milieu de notre visage. Vient alors l’expérience et elle nous enseigne que bonheur et jouissance sont de pures chimères qu’une illusion nous indique au loin ; qu’au contraire la souffrance, la douleur sont réelles, qu’elles se font connaître elles-mêmes immédiatement sans avoir besoin d’illusion et de délais. Leur enseignement porte-t-il du fruit ?"

    Arthur Schopenhauer, Le Monde comme Volonté et comme Représentation (1819)

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  • Pépin : la défaite nous ment, le succès nous ment

    "La défaite nous ment quand elle nous fait croire que nous sommes un raté. Le succès nous ment lorsqu'il nous invite à confondre une réussite conjoncturelle ou une image sociale avec ce que nous sommes au fond. Mais comment « conserver sa tête » jusque dans l'ivresse du succès? En ne perdant jamais de vue que la seule réussite qui compte est celle de notre aventure humaine et que le véritable enjeu est de se montrer à la hauteur de cette humanité, dans le succès comme dans l'échec."

    Charles Pépin, Les Vertus de l’Échec (2016)

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  • Michelet : souvenirs de mes échecs

    Michelet_Jules_29_mini-2.jpg"Je me rappelle que dans ce malheur accompli, privations du présent, craintes de l'avenir, l'ennemi étant à deux pas [nous sommes en 1814], et mes ennemis à moi se moquant de moi tous les jours, un jeudi matin, je me ramassai sur moi-même, sans feu (la neige couvrait tout), ne sachant pas trop si le pain viendrait le soir, tout semblait fini pour moi, - j'eus en moi, sans nul mélange d'espérance religieuse, un pur sentiment stoïcien – je frappai de ma main, crevée par le froid, sur ma table de chêne (que j'ai toujours conservée), et sentit une joie virile de jeunesse et d'avenir."

    Jules Michelet

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  • Agassi : Le triomphe du succès après les échecs (Roland Garros 1999)

    "Je lève mes bras et ma raquette tombe à terre. Je suis en larmes. Je me frotte la tête. Je suis terrifié d'être submergé par une telle sensation de bonheur. Gagner ne devrait pas être aussi agréable. Gagner ne devrait jamais avoir autant d'importance. Mais si, c'est le cas, c'est le cas, je n'y peux rien. Je déborde de joie, de reconnaissance envers Brad [Gilbert, son coach], envers Gil [la fille d'un de ses amis qui l'a indirectement poussée à reprendre le tennis], envers Paris – même envers Brooke [Shields, son ex femme] et Nick [Bolletieri, son ancien coach]. Sans lui, je ne serais pas ici. Sans les hauts et les bas avec Brooke, sans la souffrance des derniers jours, ceci n'aurait pas pu être possible. Je me réserve une certaine reconnaissance envers moi-même, pour tous les choix, bons et mauvais, qui m'ont mené jusqu'ici."

    André Agassi, Open (2009)

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  • Nietzsche : l'utilité de la souffrance

    "Mais tandis que je prononce ces mots, je me sens l'obligation, envers eux presque autant qu'envers nous, les esprits libres, leurs hérauts et leurs précurseurs, de dissiper un vieux et sot préjugé, un malentendu qui a trop longtemps rendu la notion "d'esprit libre" aussi opaque qu'un nuage. Dans tous les pays d'Europe et aussi en Amérique, il est maintenant des gens qui abusent de ce mot, une sorte d'esprits très étroits, emmurés, enchaînés qui veulent à peu près le contraire de ce qui est dans nos intentions et nos instincts, — sans compter qu'à l'égard de ces philosophes nouveaux, qui approchent, ils seront plus que jamais des fenêtres closes et des portes verrouillées. Brièvement et brutalement dit, ils appartiennent à l'espèce des niveleurs leurs, ces esprits faussement qualifiés de "libres"; ce sont des esclaves loquaces, des écrivailleurs au service du goût démocratique et de ses "idées modernes", des êtres dépourvus de solitude, de solitude personnelle, de braves lourdauds, certes courageux et de mœurs respectables, mais sans liberté et risiblement superficiels. Car que dire de leur tendance fondamentale qui consiste à voir dans les formes de la société existante la cause à peu près unique de tout le malheur et l'échec humains, ce qui n'est rien d'autre que de mettre joyeusement la vérité sur la tête et les pieds en l'air ! Ce qu'ils aimeraient réaliser de toutes leurs forces c'est le bonheur du troupeau pour tout le monde, le bonheur du troupeau qui pâture sa prairie, dans la sécurité, le bien-être, l'universel allègement de l'existence; leurs deux comptines et doctrines les plus ressassées sont "l'égalité des droits" et "la pitié pour tous ceux qui souffrent"; la souffrance elle-même, à leurs yeux, est une chose qu'il convient d'abolir. Nous qui pensons exactement le contraire, nous qui avons ouvert nos yeux et nos consciences et qui savons où et comment la plante "homme" a poussé le plus vigoureusement, nous qui croyons que cet épanouissement s'est toujours produit dans des conditions diamétralement opposées, que la précarité de notre situation a dû devenir extrême, notre invention et notre dissimulation (notre "esprit") se développer dans le sens de la finesse et de l'audace, notre volonté de vivre s'intensifier jusqu'à devenir volonté de puissance absolue; nous croyons que la dureté, la violence, l'esclavage, le danger dans la rue et dans les cœurs, le secret, le stoïcisme, la tentation et les diableries de toutes sortes, que tout ce qui est mauvais, terrible, tyrannique en l'homme, ce qui tient en lui du fauve et du serpent, sert aussi bien l'élévation de l'espèce "homme"que son contraire.""

    Friedrich Nietzsche, Par delà le Bien et le Mal (1886)

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  • Bergson : "Heureux obstacle !"

    "Or, je crois bien que notre vie intérieure tout entière est quelque chose comme une phrase unique entamée dès le premier éveil de la conscience, phrase semée de virgu­les, mais nulle part coupée par des points. Et je crois par conséquent aussi que notre passé tout entier est là, subconscient — je veux dire présent à nous de telle manière que notre conscience, pour en avoir la révélation, n’ait pas besoin de sortir d’elle-même ni de rien s’adjoindre d’étranger : elle n’a, pour apercevoir distinctement tout ce qu’elle renferme ou plutôt tout ce qu’elle est, qu’à écarter un obstacle, à soulever un voile. Heureux obstacle, d’ailleurs ! voile infiniment précieux ! C’est le cerveau qui nous rend le service de maintenir notre attention fixée sur la vie ; et la vie, elle, regarde en avant ; elle ne se retourne en arrière que dans la mesure où le passé peut l’aider à éclairer et à préparer l’avenir."

    Henri Bergson, L'énergie spirituelle (1919)

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  • Pépin : Être existentialiste, c'est redouter que le succès dans une voie ne nous y enferme

    sartre,pépin"Être existentialiste, c'est penser qu'une vie ne suffira de toute façon pas à épuiser tous les tous les possibles. Reste à ne pas trop passer à coté d'eux.

    La mort est d'autant plus un scandale que la vie est pensée non comme essence ou valeur éternelle, mais comme "projet". Être existentialiste, c'est redouter que le succès dans une voie ne nous y enferme, et nous conduise jusqu'au terme de notre vie sans savoir qui nous sommes. Contre la vision habituelle, c'est valoriser l'échec comme ouverture du champ des possibles : échouer plus, finalement, c'est exister davantage."

    Charles Pépin, Les Vertus de l'échec (2016)

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  • Pépin : les vertus de l'échec

    "Ces quelques exemples le suggèrent déjà : il n'y a pas une vertu de l’échec, mais plusieurs.
    Il y a les échecs qui induisent une insistance de la volonté, et ceux qui en permettent le relâchement ; les échecs qui nous donnent la force de persévérer dans la même voie, et ceux qui nous donnent l'élan pour en changer.

    Il y a les échecs qui nous rendent plus combatifs, ceux qui nous rendent plus sages, et puis il y a ceux qui nous rendent simplement disponibles pour autre chose."

    Charles Pépin, Les Vertus de l'échec (2016)

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  • Pépin : ceux qui ont échoué avant de réussir

    "Qu'ont en commun Charles de Gaulle, Steve Jobs et Serge Gainsbourg ? Qu'est-ce qui rapproche J. K. Rowling, Charles Darwin et Roger Federer, ou encore Winston Churchill, Thomas Edison ou Barbara ?

    Ils ont tous connu des succès éclatants ? Oui, mais pas seulement. Ils ont échoué avant de réussir. Mieux : c'est parce qu’ils ont échoué qu'ils ont réussi. Sans cette résistance du réel, sans cette adversité, sans toutes les occasions de réfléchir ou de rebondir que leurs ratés leur ont offertes, ils n'auraient pu s’accomplir comme ils l'ont fait."

    Charles Pépin, Les Vertus de l'échec (2016)

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  • Marc Aurèle : Face aux vagues qui ne cessent de me battre...

    marc aurèleSe rendre ferme comme le roc que les vagues ne cessent de battre. Il demeure immobile, et l'écume de l'onde tourbillonne à ses pieds. "Ah! quel malheur pour moi, dis-tu, que cet accident me soit arrivé !" Tu te trompes; et il faut dire: «Je suis bien heureux, malgré ce qui m'arrive, de rester à l'abri de tout chagrin, ne me sentant, ni blessé par le présent, ni anxieux de l'avenir». Cet accident en effet pouvait arriver à tout le monde; mais tout le monde n'aurait pas reçu le coup avec la même impassibilité que toi. Pourquoi donc tel événement passe-t-il pour un malheur plutôt que tel autre pour un bonheur?

    Mais peux-tu réellement appeler un malheur pour l'homme ce qui ne fait point déchoir en quoi que ce soit la nature de l'homme?

    Or, crois-tu qu'il y ait une vraie déchéance de la nature humaine, là où il n'est rien qui soit contraire au voeu de cette nature?

    Et quoi! tu connais précisément ce qu'est ce voeu; et tu croirais que cet accident qui t'arrive peut t'empêcher d'être juste, magnanime, sage, réfléchi, circonspect, sincère, modeste, libre, et d'avoir toutes ces autres qualités qui suffisent pour que la nature de l'homme conserve tous ses caractères propres!

    Quant au reste, souviens-toi, dans toute circonstance qui peut provoquer ta tristesse, de recourir à cette utile maxime: "Non seulement l'accident qui m'est survenu n'est point un malheur; mais de plus, c'est un bonheur véritable, si je sais le supporter avec un généreux courage"."

    Marc Aurèle, Pensées pour moi-même (IIe s. ap. JC)

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  • Épictète : ce qui dépend de nous et ce qui n'en dépend pas

    "Il y a des choses qui dépendent de nous et d'autres qui ne dépendent pas de nous. Ce qui dépend de nous, c'est la croyance, la tendance, le désir, le refus, bref tout ce sur quoi nous pouvons avoir une action. Ce qui ne dépend pas de nous, c'est la santé, la richesse, l'opinion des autres, les honneurs, bref, tout ce qui ne vient pas de notre action.

    Ce qui dépend de nous est, par sa nature même, soumis à notre libre volonté; nul ne peut nous empêcher de faire ni nous entraver notre action.

    En conséquence, dès qu'une chose te semble douloureuse, songe à objecter aussitôt : "c'est une idée que je me fais, ce n'est pas du tout en réalité ce que cela paraît être". Ensuite, étudie cette chose, juge là à la lumière des principes que tu t'es donnés, et de celui-ci surtout qui est le premier : est-ce que cela fait partie des choses qui dépendent de nous ou non ? Et si cela fait partie des choses qui ne dépendent pas de nous, qu'il te soit facile de dire : "cela ne me touche pas"."

    Épictète, Manuel (IIe s. ap. JC)

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  • Kipling : If

    Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
    Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
    Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
    Sans un geste et sans un soupir ;

    Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
    Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
    Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
    Pourtant lutter et te défendre ;

    Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
    Travesties par des gueux pour exciter des sots,
    Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
    Sans mentir toi-même d’un mot ;

    Si tu peux rester digne en étant populaire,
    Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
    Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,
    Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

    Si tu sais méditer, observer et connaître,
    Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
    Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
    Penser sans n’être qu’un penseur ;

    Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
    Si tu peux être brave et jamais imprudent,
    Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
    Sans être moral ni pédant ;

    Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
    Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
    Si tu peux conserver ton courage et ta tête
    Quand tous les autres les perdront,

    Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
    Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
    Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
    Tu seras un homme, mon fils.

    Rudyard Kipling, If (1918)

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  • Pépin : l'échec pour apprendre plus vite ou le problème français

    "Nous sommes en France, à Tarbes, au cœur de l'hiver 1999. Le jeune Espagnol a treize ans. Il vient de perdre la de mi-finale du tournoi de tennis des Petits As, le championnat du monde officieux des 12/14 ans. Le Français qui l'a battu, et qui remportera le tournoi, est né la même année que lui et fait exactement la même taille. Pourtant, il l'a facilement dominé. Ce jeune prodige s'appelle Richard Gasquet : "le petit Mozart du tennis français". Les spécialistes affirment que jamais aucun joueur n'a atteint une telle maîtrise à cet âge. A neuf ans, il faisait déjà la une de Tennis Magazine, qui titrait : "Le champion que la France attend". Ses gestes parfaits, la beauté de son revers à une main, l'agressivité de son jeu furent pour son adversaire autant de blessures narcissiques.

    Après avoir serré la main de Richard Gasquet, l'adolescent majorquain se laisse tomber sur sa chaise, sonné. Il s'appelle Rafaël Nadal.

    Ce jour-là, Rafaël Nadal a échoué à devenir champion du monde de sa classe d'âge. Quiconque regarde ce match aujourd'hui (disponible sur YouTube) est frappé par l'agressivité du jeu de Richard Gasquet : il prend la balle très tôt, et son adversaire de court. Or, cette manière d'entrer dans la balle avec une agressivité maximale évoque étrangement ce qui fera le succès de Rafaël Nadal, qui sera par la suite numéro un mondial et le restera des années, remportant soixante tournois, dont douze titres du Grand Chelem. Richard Gasquet est devenu un très grand joueur - il a atteint la septième place mondiale. Mais il n'a à ce jour remporté aucun tournoi du Grand Chelem. Et n'a gagné en tout que neuf titres. Quels que soient ses exploits futurs, sa carrière ne pourra plus égaler celle de Rafaël Nadal. La question se pose donc : où s'est jouée la différence?"

    Charles Pépin, Les vertus de l'échec (2016)

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  • Pépin : l'identification à l'échec

    "Lorsque nous échouons, nous nous identifions à l'échec. Nous nous persuadons que c'est nous qui sommes des ratés ! Nous confondons l'échec de notre projet avec celui de notre personne. Nous vivons dans un vieux pays qui fut jadis une grande puissance. Nous percevons implicitement le succès comme une fidélité à la norme, au passé. Et l'échec comme un manquement à cette tradition ou à cette norme, et non comme une expérience enrichissante ou une preuve d'audace. C'est une façon de voir très singulière, complètement différente de celle des américains, par exemple..."

    Charles Pépin

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"Il faut se méfier des ingénieurs, ça commence par la machine à coudre, ça finit par la bombe atomique." [Marcel Pagnol]