Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

[71] Café philo à la médiathèque : Penser la mort - Page 3

  • La Fontaine : "Plutôt souffrir que mourir"

    Un pauvre Bûcheron tout couvert de ramée,

    Sous le faix du fagot aussi bien que des ans

    Gémissant et courbé marchait à pas pesants,

    Et tâchait de gagner sa chaumine enfumée.

    Enfin, n’en pouvant plus d’effort et de douleur,

    Il met bas son fagot, il songe à son malheur :

    Quel plaisir a-t-il eu depuis qu’il est au monde ?

    En est-il un plus pauvre en la machine ronde ?

    Point de pain quelquefois, et jamais de repos.

    Sa femme, ses enfants, les soldats, les impôts,

    Le créancier, et la corvée

    Lui font d’un malheureux la peinture achevée.

    Il appelle la Mort. Elle vient sans tarder,

    Lui demande ce qu’il faut faire.

    « C’est, dit-il, afin de m’aider

    À recharger ce bois ; tu ne tarderas guère ».

    Le trépas vient tout guérir ;

    Mais ne bougeons d’où nous sommes :

    plutôt souffrir que mourir,

    C’est la devise des hommes."

    Jean de La Fontaine, "La Mort et le Bûcheron ", Fables (1668.)

    Lien permanent Catégories : =>Saison 9, Compilation de textes, Documents, Livres, [71] Café philo à la médiathèque : Penser la mort Imprimer 0 commentaire Pin it!
  • Camus : La mort et le mythe de Sisyphe

    "On a compris déjà que Sisyphe est le héros absurde. Il l’est autant par ses passions que par son tourment. Son mépris des dieux, sa haine de la mort et sa passion pour la vie, lui ont valu ce supplice indicible où tout l’être s’emploie à ne rien achever. C’est le prix qu’il faut payer pour les passions de cette terre. On ne nous dit rien sur Sisyphe aux Enfers. Les mythes sont faits pour que l’imagination les anime. Pour celui-ci on voit seulement tout l’effort d’un corps tendu pour soulever l’énorme pierre, la rouler et l’aider à gravir une pente cent fois recommencée ; on voit le visage crispé, la joue collée contre la pierre, le secours d’une épaule qui reçoit la masse couverte de glaise, d’un pied qui la cale, la reprise à bout de bras, la sûreté tout humaine de deux mains pleines de terre. Tout au bout de ce long effort mesuré par l’espace sans ciel et le temps sans profondeur, le but est atteint. Sisyphe regarde alors la pierre dévaler en quelques instants vers ce monde inférieur d’où il faudra la remonter vers les sommets. Il redescend dans la plaine.

    C’est pendant ce retour, cette pause, que Sisyphe m’intéresse. Un visage qui peine si près des pierres est déjà pierre lui-même ! Je vois cet homme redescendre d’un pas lourd mais égal vers le tourment dont il ne connaîtra pas la fin. Cette heure qui est comme une respiration et qui revient aussi sûrement que son malheur, cette heure est celle de la conscience. À chacun de ces instants, où il quitte les sommets et s’enfonce peu à peu vers les tanières des dieux, il est supérieur à son destin. Il est plus fort que son rocher.

    Si ce mythe est tragique, c’est que son héros est conscient. Où serait en effet sa peine, si à chaque pas l’espoir de réussir le soutenait ? L’ouvrier d’aujourd’hui travaille, tous les jours de sa vie, aux mêmes tâches et ce destin n’est pas moins absurde. Mais il n’est tragique qu’aux rares moments où il devient conscient. Sisyphe, prolétaire des dieux, impuissant et révolté, connaît toute l’étendue de sa misérable condition : c’est à elle qu’il pense pendant sa descente. La clairvoyance qui devait faire son tourment consommée du même coup sa victoire. Il n’est pas de destin qui ne se surmonte par le mépris."

    Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe (1942)

    Lien permanent Catégories : =>Saison 9, Compilation de textes, Documents, Livres, [71] Café philo à la médiathèque : Penser la mort Imprimer 0 commentaire Pin it!
  • Lucrèce : L'illusoire souffrance de la mort

    "Même si, affranchis du corps, l'esprit et l'âme conservaient le sentiment, en quoi cela nous intéresse-t-il, nous dont une union intime de l'âme et du corps réalise l'existence et constitue l'être ? Et quand bien même le temps, après notre mort, rassemblerait toute notre matière et la réorganiserait dans son ordre actuel en nous donnant une seconde fois la lumière de la vie, là encore il n'y aurait rien qui nous pût toucher, du moment que rupture se serait faite dans la chaîne de notre mémoire. Que nous importe aujourd'hui ce que nous fûmes autrefois ? que nous importe ce que le temps fera de notre substance ? En effet, tournons nos regards vers l'immensité du temps écoulé, songeons à la variété infinie des mouvements de la matière : nous concevrons aisément que nos éléments de formation actuelle se sont trouvés plus d'une fois déjà rangés dans le même ordre ; mais notre mémoire est incapable de ressaisir ces existences détruites, car dans l'intervalle la vie a été interrompue et tous les mouvements de la matière se sont égarés sans cohésion bien loin de nos sens.

    Il faut bien qu'un homme, pour que le malheur et la souffrance puissent l'atteindre, vive lui-même à l'époque où il doit faire leur rencontre. Voilà que la mort fait disparaître cet homme et retire l'existence à cette victime présumée d'un concert de maux. Eh bien, n'est-ce pas là de quoi conclure qu'il n'y a rien de redoutable dans la mort ? Aucun malheur ne peut atteindre celui qui n'est plus ; il ne diffère en rien de ce qu'il serait s'il n'était jamais né, puisque sa vie mortelle lui a été ravie par une mort immortelle.

    Lors donc qu'un homme se lamente sur lui-même la pensée du sort mortel qui fera pourrir son corps abandonné, ou le livrera aux flammes, ou le donnera en pâture aux bêtes sauvages, tu peux dire que sa voix sonne faux, qu'une crainte secrète tourmente son cœur, bien qu'il affecte de ne pas croire qu'aucun sentiment puisse résister en lui à la mort. Cet homme, à mon avis, ne tient pas ses promesses et cache ses principes ; ce n'est pas de tout son être qu'il s'arrache à la vie ; à son insu peut-être il suppose que quelque chose de lui doit survivre. Tout vivant en effet qui se représente son corps déchiré après la mort par les oiseaux de proie et les bêtes sauvages, se prend en pitié ; car il ne parvient pas à se distinguer de cet objet, le cadavre, et croyant que ce corps étendu, c'est lui-même, il lui prête encore, debout à ses côtés, la sensibilité de la vie. Alors il s'indigne d'avoir été créé mortel, il ne voit pas que dans la mort véritable il n'y aura plus d'autre lui-même demeuré vivant pour pleurer sa fin et, resté debout, gémir de voir sa dépouille devenue la proie des bêtes et des flammes. Car si c'est un malheur pour les morts d'être broyés entre les dents des fauves, je ne trouve pas qu'il puisse être moins douloureux de rôtir dans les flammes d'un bûcher, d'être étouffé dans du miel, de subir raidi la pierre glacée du tombeau ou le poids écrasant de la terre qui vous broie."

    Lucrèce, De la Nature (Ier s. ap. JC)

    Lien permanent Catégories : =>Saison 9, Compilation de textes, Documents, Livres, [71] Café philo à la médiathèque : Penser la mort Imprimer 0 commentaire Pin it!
  • "Post Motem : Le monde funéraire"

    Lien permanent Catégories : =>Saison 9, Documents, Vidéos/cinéma/TV, [71] Café philo à la médiathèque : Penser la mort Imprimer 0 commentaire Pin it!
  • Schopenhauer : L'essence de la vie échappe à la mort

    "La vue de chaque animal enseigne que la mort n'est pas un obstacle a la manifestation de l'essence de la vie, la volonté. Quel insondable mystère réside en chaque animal ! Regardez le premier venu des animaux, regardez votre chien : comme il se montre plein d'ardeur et de confiance ! II a fallu que bien des milliers de chiens meurent, avant qu'arrive pour celui-ci le moment d'exister. Mais la disparition de ces milliers de chiens n'a pas porte atteinte a I'idée du chien ; celle-ci n'a pas été le moins du monde troublée par toutes ces morts. C'est pourquoi le chien se présente a nos yeux avec tant de vivacité et dans sa vigueur première, comme si ce jour était son premier jour et qu'aucun ne pouvait etre le dernier, et que dans ses yeux brille le principe indestructible en lui, l‘archée.

    Qu'est-ce donc qui est mort au cours de ces millénaires — Pas le chien, il est la, devant nous, intact ; seulement son ombre, sa copie dans notre mode de connaissance lie au temps.

    Comment peut-on donc croire que cela périt, qui est toujours la et remplit toute la durée ? — Certes la chose est empiriquement explicable : dans la mesure en effet ou la mort a détruit les individus, la procréation en a produit de nouveaux. Mais cette explication empirique n'est une explication qu'en apparence, elle met une énigme à la place d'une autre. La compréhension métaphysique de la question ne s'obtient certes pas a si bon marche, mais elle est cependant la seule vraie et satisfaisante.

    Arthur Schopenhauer, Métaphysique de l‘amour, métaphysique de la mort

    Lien permanent Catégories : =>Saison 9, Compilation de textes, Documents, Livres, [71] Café philo à la médiathèque : Penser la mort Imprimer 0 commentaire Pin it!
  • Freud : Nous et le cadavre

    "Les philosophes prétendent que l'énigme intellectuelle que représentait pour l'homme primitif l'aspect de la mort s'est imposée à sa réflexion et doit être considérée comme le point de départ de toute spéculation. Il me semble que, sur ce point, les philosophes pensent trop... en philosophes et ne tiennent pas suffisamment compte de l'action de mobiles primitifs. Je crois donc devoir diminuer la portée de cette proposition et corriger celle-ci en disant que l'homme primitif triomphe auprès du cadavre de l'ennemi qu'il vient de tuer, sans avoir à se creuser la tête à propos des énigmes de la vie et de la mort. Ce qui poussa l'homme primitif à réfléchir, ce ne fut ni l'énigme intellectuelle ni la mort en général, mais ce fut le conflit affectif qui, pour la première fois, s'éleva dans son âme à la vue d'une personne aimée et, cependant, étrangère et haïe.

    C'est de ce conflit affectif qu'est née la psychologie. L'homme ne pouvait plus ne pas songer à la mort que la douleur causée par la disparition d'un être cher lui avait fait toucher du doigt; mais, en même temps, il ne voulait pas en admettre la réalité, car il ne pouvait se représenter lui-même à la place du mort. Il se vit ainsi obligé d'adopter un compromis : tout en admettant qu'il puisse mourir à son tour, il se refusa à voir dans cette éventualité l'équivalent de sa disparition totale, alors qu'il trouvait tout naturel qu'il en fût ainsi de l'ennemi.

    C'est devant le cadavre de la personne aimée qu'il imagina les esprits et, comme il se sentait coupable d'un sentiment de satisfaction qui venait se mêler à son deuil, ces premiers esprits ne tardèrent pas à se transformer en démons méchants dont il fallait se méfier. Les changements qui suivent la mort lui suggèrent l'idée d'une décomposition de l'individu en un corps et en une (primitivement en plusieurs) âme. Le souvenir persistant du mort la base de la croyance à d'autres formes d'existence, lui suggéra l'idée d'une persistance de la vie après la mort apparente."

    Sigmund Freud, Considérations actuelles sur la Guerre et sur la Mort (1915)

     

    Lien permanent Catégories : =>Saison 9, Compilation de textes, Documents, Livres, [71] Café philo à la médiathèque : Penser la mort Imprimer 0 commentaire Pin it!
  • Marc Aurèle : Le présent est la seule chose dont on ne peut être privé

    louvre-l039empereur-marc-aurele_0.jpgDusses-tu vivre trois mille ans, et même autant de fois dix mille, souviens-toi toujours que personne ne perd d’autre existence que celle qu’il vit, et qu’on ne vit que celle qu’on perd. Ainsi la plus courte et la plus longue reviennent au même. Car le présent est égal pour tous ; et donc égal aussi ce qui périt ; et la perte apparaît donc instantanée ; car on ne peut perdre ni le passé ni l’avenir ; comment, en effet, pourrait-on vous enlever ce que vous ne possédez pas ?

    Il faut donc se souvenir de deux choses : l’une, que toutes les choses sont éternellement semblables et recommençantes et qu’il n’importe pas qu’on voie les mêmes choses pendant cent ou deux cents ans ou pendant un temps infini ; l’autre qu’on perd autant, que l’on soit très âgé ou que l’on meurt de suite; le présent est en effet la seule chose dont on peut être privé puisque c’est la seule qu’on possède et que l’on ne perd pas ce que l’on n’a pas.

    Marc Aurèle, Pensées (IIe s. ap. JC)

    Lien permanent Catégories : =>Saison 9, Compilation de textes, Documents, Livres, [71] Café philo à la médiathèque : Penser la mort Imprimer 0 commentaire Pin it!
  • Floton et Taton : "Les Ambassadeurs" de Holbein

    "Holbein place au premier plan de son célèbre tableau Les Ambassadeurs (1533), représentant deux gentilshommes français devant une étagère garnie d'instruments d'optique et de musique, une forme blanchâtre, indéchiffrable, qui se révélera être un crane lorsque le spectateur approche son œil du point de vue, situe prés du bord inférieur du cadre. Cet ectoplasme, représente la signature de I ‘artiste : Holbein = os creux = crâne. Jeu de mots, jeu d'illusion optique, profession de foi désabusée : vanitas vanitatum."

    A. Flocon et K. Taton, La Perspective (1963)

    Lien permanent Catégories : Documents, Livres, Peintures/Photos/BD, [71] Café philo à la médiathèque : Penser la mort Imprimer 0 commentaire Pin it!
  • Ionesco : Le roi se meurt

    "LE ROI : Je ne suis pas malade.

    MARIE : Il se sent bien. (au Roi) N'est-ce pas?

    LE ROI : Tout au plus quelques courbatures. Ce n'est rien. D'ailleurs, ça va beaucoup mieux.

    MARIE : Il dit qu'il va bien, vous voyez, vous voyez.

    LE ROI : ça va même très bien.

    MARGUERITE : Tu vas mourir dans une heure et demie, tu vas mourir à la fin du spectacle.

    LE ROI : Que dites vous ma chère ? Ce n'est pas drôle.

    MARGUERITE : Tu vas mourir à la fin du spectacle.

    MARIE : Mon dieu !

    LE MÉDECIN : Oui, sire vous allez. Vous n'aurez pas votre petit déjeuner demain matin. Pas de dîner non plus. [...]"

    Eugène Ionesco, Le Roi se meurt (1962)

    Lien permanent Catégories : =>Saison 9, Compilation de textes, Documents, Livres, [71] Café philo à la médiathèque : Penser la mort Imprimer 0 commentaire Pin it!
  • Thème du débat du 13 avril à la Médiathèque de Montargis : à vous de choisir...

    Le vendredi 13 avril à 18 heures (et non pas 19 heures !), le café philosophique de Montargis posera exceptionnellement ses bagages à la Médiathèque de Montargis qui nous ouvre chaleureusement ses portes.

    Le sujet de cette séance sera choisi par les utilisateurs de la Médiathèque de Montargis. Voici les trois sujets qui seront mis au vote quelques semaines avant cette séance :  

    - Y a-t-il des guerres justes ?
    - Les paroles engagent-elles autant que les actes ?
    - Faut-il vivre comme si nous ne devions jamais mourir ?

    Café philo à la Médiathèque de Montargis

    Lien permanent Catégories : =>Saison 9, Vie du site, vie du café philo, [71] Café philo à la médiathèque : Penser la mort Imprimer 0 commentaire Pin it!
  • Merci aux participants de la séance du 22 mars 2018

    applause.jpgLe café philosophique de Montargis se réunissait le vendredi 22 mars 2018 pour un débat qui portait autour de ce sujet : "Tout doit-il être fait par passion?"

    Environ 30 personnes étaient étaient présentes pour ce débat. Merci aux participants de ce débat ainsi qu'au café Le Belman pour son accueil chaleureux.

    Le café philo donne rendez-vous pour deux dates.

    La première, tout à fait exceptionnelle, aura lieu le vendredi 13 avril à 18 heures à la Médiathèque de Montargis. Le sujet sera choisi par les utilisateurs de la médiathèque.

    Le second rendez-vous aura lieu le vendredi 18 mai au Belman, à partir de 19 heures. Le débat portera sur cette question : "Qu'est-ce qu'être normal ?"

    A bientôt !

    Lien permanent Catégories : =>Saison 9, [70] Tout doit-il être fait par passion?, [71] Café philo à la médiathèque : Penser la mort , [72] "Qu'est-ce qu'être normal?" [Bientôt] Imprimer 0 commentaire Pin it!
  • Compte-rendu du débat : "La vérité finit-elle toujours par triompher?"

    Le café philosophique de Montargis se réunissait au Belman le vendredi 19 janvier pour un débat portant sur cette question : "La vérité finit-elle toujours par triompher ?" Une soixantaine de personnes étaient présentes pour cette nouvelle séance.

    Pour commencer ce débat, les animateurs proposent une définition et une étymologie de la vérité : le terme de vérité, de veritas en latin ("vraie"), peut la définir dans trois dimensions: une vérité ontologique, la réalité dans sa quintessence, dans son intensité et sa pureté (comme l’or dans la joaillerie), il y aurait ensuite cette vérité définie par Thomas d’Aquin, qui serait l’adéquation entre l’esprit et la chose, c’est-à-dire une conformité entre mon jugement et la réalité ("Ce que l'homme appelle vérité, c'est toujours sa vérité, c'est-à-dire l'aspect sous lequel les choses lui apparaissent", Protagoras), et enfin la vérité logique dans le théorème scientifique ou mathématiques, qui serait dans l’ordre de la cohérence logique mais qui, pour le coup, peut ne pas correspondre à une réalité (les propriétés du triangle sont vraies quand bien même il n’existerait pas de triangles dans la nature).

    S’agissant de ce thème du triomphe de la vérité, il y a l’un des exemples les plus fameux : celui du de l’affaire Dreyfus et du J’Accuse d’Émile Zola.Un premier intervenant réagit au sujet du débat de ce soir. Une telle question sous-entend que quelqu’un cache la vérité, que ce soit une personne, un groupe de personnes ou un système. C’est le cas de l’Affaire Dreyfus par exemple. S’agissant de cette cas historique, il y a dichotomie entre la vérité et la justice. Pour que cette vérité triomphe, il faut l’investissement d’une personne pugnace, a fortiori lorsqu’il s’agit d’enjeux importants. Dans ce cas le triomphe de la vérité serait compliqué.

    Pour un autre intervenant, la vérité serait d’abord vivante et fonction de telle ou telle personne, tel ou tel sujet. Chacun a sa propre vérité et cette vérité bouge constamment au cours de notre vue. La vérité sur Dieu change, y compris dans notre existence. Une vérité immuable devient quelque chose de non-libre, voire dictatoriale. La recherche de la vérité doit être active tout au long de notre vie, selon les philosophes comme Socrate ou Platon.

    Dans ce qui est dit, réagit une autre personne du public, il y a une sorte de pluralité dans la notion de vérité. Or, comment différencier cela d’un simple avis, d’un simple avis ? Cela constituerait d’emblée un obstacle à sa recherche.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : =>Saison 9, Comptes-rendus des débats, [69] "La vérité finit-elle toujours par triompher?, [70] Tout doit-il être fait par passion?, [71] Café philo à la médiathèque : Penser la mort Imprimer 0 commentaire Pin it!
  • Compte-rendu de la séance "Ma liberté est-elle en danger?"

    Le café philo se réunissait le 15 décembre pour une séance qui portait sur le thème : "Ma liberté est-elle en danger ?" La séance se déroulait au café Le Belman.

    La liberté est un thème général, mais aussi un concept moderne. La séance commence par la diffusion d'un court extrait vidéo sur ce thème, un extrait mis en ligne sur ce lien.

    La définition de la liberté (de libertas, en latin) définit qu'est libre celui qui est non-esclave (emancipare) d'un autre. On est donc privés de liberté lorsque l'on est esclave. Par ailleurs, nous serions libres lorsque nous pourrions agir contre ce qui nous détermine. L'indépendance est également un concept-clé, tout comme le libre-arbitre et la volonté. L'autre liberté la plus visible est le libéralisme économique, qui permet de créer des richesses par-delà les frontières. La liberté de conscience, qui avait été décrit par Martin Luther, permet d'annoncer le libre examen des écritures de la Bible. La liberté morale est aussi le pouvoir de juger et d'apprécier. Il est rappelé que dans l'Antiquité, la liberté était vue comme quelque chose de collectif et non pas individuel. Il y a aussi ces notions de liberté d'ordre publique. Or, face à un Léviathan (Thomas Hobbes) chargé de protéger une collectivité, n'y a-t-il pas un viol de nos libertés ? La liberté ne serait-elle pas conditionnelle ?

    Après ce tour d'horizon rapide de cette notion de liberté, un premier participant reprend la question de départ : "Ma liberté est-elle en danger ?" Il apparaîtrait que la liberté, tout comme les notions d'égalité et de fraternité mises au fronton des mairies, seraient bien en danger et toujours à défendre. À la question de savoir qui met en danger ma liberté, s’en ajoute une autre : Comment savoir où s’arrête ma liberté ?

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : =>Saison 9, Comptes-rendus des débats, [68] "Ma liberté est-elle en danger?", [71] Café philo à la médiathèque : Penser la mort Imprimer 0 commentaire Pin it!