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  • SANS COMMENTAIRE

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  • HÉSIODE : L'ÂGE D'OR

    hesiode.jpg"D'or fut la première race d'hommes périssables que créèrent les Immortels, habitants de l'Olympe. C'était aux temps de Cronos, quand il régnait encore au ciel. Ils vivaient comme des dieux, le cœur libre de soucis, à l'écart et à l'abri des peines et des misères : la vieillesse misérable sur eux ne pesait pas ; mais, bras et jarrets toujours jeunes, ils s'égayaient dans les festins, loin de tous les maux. Ils mouraient comme en s'abandonnant au sommeil. Tous les biens étaient à eux : le sol fécond produisait de lui-même une abondante et généreuse récolte, et eux, dans la joie et la paix, vivaient de leurs champs, au milieu de biens sans nombre. Depuis que le sol a recouvert ceux de cette race, ils sont, par le vouloir de Zeus tout-puissant, les bons génies de la terre, gardiens des mortels, dispensateurs de la richesse."

    Hésiode, Les Travaux et les Jours (VIIIe s. av. J.-C)

     

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  • GEORGE ORWELL : "1984"

    big-brother-1984.jpg"À chaque palier, sur une affiche collée au mur, face à la cage de l’ascenseur, l’énorme visage vous fixait du regard. C’était un de ces portraits arrangés de telle sorte que les yeux semblent suivre celui qui passe. Une légende, sous le portrait, disait : BIG BROTHER VOUS REGARDE. À l’intérieur de l’appartement de Winston, une voix sucrée faisait entendre une série de nombres qui avaient trait à la production de la fonte. La voix provenait d’une plaque de métal oblongue, miroir terne encastré dans le mur de droite. Winston tourna un bouton et la voix diminua de volume, mais les mots étaient encore distincts. Le son de l’appareil (du télécran, comme on disait) pouvait être assourdi, mais il n’y avait aucun moyen de l’éteindre complètement. Winston se dirigea vers la fenêtre. Il était de stature frêle, plutôt petite, et sa maigreur était soulignée par la combinaison bleue, uniforme du Parti. Il avait les cheveux très blonds, le visage naturellement sanguin, la peau durcie par le savon grossier, les lames de rasoir émoussées et le froid de l’hiver qui venait de prendre fin.

    Au-dehors, même à travers le carreau de la fenêtre fermée, le monde paraissait  froid. Dans la rue, de petits remous de vent faisaient tourner en spirale la poussière et le papier déchiré. Bien que le soleil brillât et que le ciel fût d’un bleu dur, tout semblait décoloré, hormis les affiches collées partout. De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d’en face. BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston. Au niveau de la rue, une autre affiche, dont un angle était déchiré, battait par à-coups dans le vent, couvrant et découvrant alternativement un seul mot : ANGSOC. Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C’était la patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n’avaient pas d’importance. Seule comptait la Police de la Pensée.

    Derrière Winston, la voix du télécran continuait à débiter des renseignements sur la fonte et sur le dépassement des prévisions pour le neuvième plan triennal. Le télécran recevait et transmettait simultanément. Il captait tous les sons émis par Winston au-dessus d’un chuchotement très bas. De plus, tant que Winston demeurait dans le champ de vision de la plaque de métal, il pouvait être vu aussi bien qu’entendu. Naturellement, il n’y avait pas moyen de savoir si, à un moment donné, on était surveillé. Combien de fois, et suivant quel plan, la Police de la Pensée se branchait-elle sur une ligne individuelle quelconque, personne ne pouvait le savoir. On pouvait même imaginer qu’elle surveillait tout le monde, constamment. Mais de toute façon, elle pouvait mettre une prise sur votre ligne chaque fois qu’elle le désirait. On devait vivre, on vivait, car l’habitude devient instinct, en admettant que tout son émis était entendu et que, sauf dans l’obscurité, tout mouvement était perçu."

    George Orwell, 1984 (1948)

     

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  • FRANCIS BACON : "LA NOUVELLE ATLANTIDE"

    "Voyons maintenant quels sont les divers emplois et charges des membres de notre Société. Nous avons douze collègues qui voyagent à l’étranger et qui nous rapportent des livres, des échantillons et des exemples d’expériences de toutes les régions du monde, ceci en se faisant passer pour des gens d’autres nationalités, puisque nous cachons la nôtre. Nous les appelons les Marchands de Lumière.

    atlantide.jpgNous en avons trois qui rassemblent les expériences qu’on peut trouver dans tous les livres. Nous les appelons les Pilleurs.

    Nous en avons trois qui rassemblent toutes les expériences touchant aux arts mécaniques, aux sciences libérales et aux procédés qui ne sont pas constitués en arts. Nous les appelons les Artisans.

    Nous en avons trois qui essaient de nouvelles expériences, selon ce qu’ils jugent bon eux-mêmes. Nous les appelons les Mineurs.

    Nous en avons trois qui arrangent dans des rubriques et des tables les expériences des quatre premiers groupes, afin de mieux nous éclairer sur la façon de tirer de tout cela des remarques et des axiomes. Nous les appelons les Compilateurs.

    Nous en avons trois qui s’appliquent à examiner les expériences des autres, et cherchent la façon d’en retirer les choses utiles et applicables à la conduite de la vie; d’en tirer des connaissances susceptibles de servir dans des travaux et diverses opérations, mais aussi dans la mise en évidence des causes; d’en tirer encore des procédés de prédiction naturelle et des moyens clairs et faciles pour découvrir quelles sont les propriétés et les parties cachées des corps. Nous les appelons les Donateurs ou Bienfaiteurs.

    Puis, après que notre Société en son entier s’est consultée dans diverses réunions consacrées à l’examen des travaux précédents et des collections d’expériences qu’ils ont permis de rassembler, trois membres de cette Société sont chargés de proposer de nouvelles expériences, qui, étant éclairantes à un niveau plus élevé, permettent d’entrer plus avant dans les secrets de la Nature. Nous les appelons les Flambeaux.

    Nous en avons trois autres qui exécutent les expériences commandées par les précédents, puis qui en font un compte rendu. Nous les appelons les Greffeurs.

    Enfin, nous en avons trois qui portent plus haut les découvertes que les expériences précédents ont permis de faire en les transformant en remarques, axiomes et aphorismes d’un niveau plus élevé. Ceux-là, nous les appelons les Interprètes de la Nature."

    Francis Bacon, La Nouvelle Atlantide (1624)

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  • JULES VERNE : "LES CINQ CENT MILLIONS DE LA BÉGUM"

    cité de l'acier.JPG"Cette masse est Stahlstadt, la Cité de l’Acier, la ville allemande, la propriété personnelle de Herr Schultze, l’ex-professeur de chimie d’Iéna, devenu, de par les millions de la Bégum, le plus grand travailleur du fer et, spécialement, le plus grand fondeur de canons des deux mondes.

    Il en fond, en vérité, de toutes formes et de tout calibre, à âme lisse et à raies, à culasse mobile et à culasse fixe, pour la Russie et pour la Turquie, pour la Roumanie et pour le Japon, pour l’Italie et pour la Chine, mais surtout pour l’Allemagne.

    Grâce à la puissance d’un capital énorme, un établissement monstre, une ville véritable, qui est en même temps une usine modèle, est sortie de terre comme à un coup de baguette. Trente mille travailleurs, pour la plupart Allemands d’origine, sont venus se grouper autour d’elle et en former les faubourgs. En quelques mois, ses produits ont dû à leur écrasante supériorité une célébrité universelle.

    Le professeur Schultze extrait le minerai de fer et la houille de ses propres mines. Sur place, il les transforme en acier fondu. Sur place, il en fait des canons.

    En industrie canonnière comme en toutes choses, on est bien fort lorsqu’on peut ce que les autres ne peuvent pas. Et il n’y a pas à dire, non seulement les canons de Herr Schultze atteignent des dimensions sans précédent, mais, s’ils sont susceptibles de se détériorer par l’usage, ils n’éclatent jamais. L’acier de Stahlstadt semble avoir des propriétés spéciales. Il court à cet égard des légendes d’alliages mystérieux, de secrets chimiques. Ce qu’il y a de sûr, c’est que personne n’en sait le fin mot.

    Ce qu’il y a de sûr aussi, c’est qu’à Stahlstadt, le secret est gardé avec un soin jaloux."

    Jules Verne, Les Cinq Cents Millions de la Bégum (1879)

    Texte intégral sur ce lien


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  • PROCHAIN CAFÉ PHILOSOPHIQUE : "L'UTOPIE EST-ELLE DÉNUÉE DE TOUTE VALEUR?"

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    La prochaine séance du café philosophique de Montargis aura lieu le vendredi 10 janvier 2014 à 19H à la Brasserie du Centre commercial de la Chaussée

    Le débat sera intitulé : "L'utopie est-elle dénuée de toute valeur ?"


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  • "PHILOSOPHIE" (ARTE) : L'ART CONTEMPORAIN

    arte.JPGPour aller plus loin dans le dernier débat du café philosophique de Montargis "Un bon artiste est-il le Surhomme ?" voyez ou revoyez une récente émission de Raphaël Enthoven "Philosophie" sur Arte

    L’art contemporain est-il encore art quand, célébrant la fin de l’académisme sur la tombe des beaux-arts, il ne se donne même plus de critère du beau à subvertir ? Comment l’art peut-il survivre s'il n'a plus de tabou à briser ?

    Raphaël Enthoven reçoit le philosophe Marc Jimenez pour l'émission "Philosophie", sur Arte.

    Voir ce programme ici

     

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