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Levinas : Apparence et visage

Le contact ou la vision ne s'imposent pas comme gestes archétypes de la droiture. Autrui n’est ni initialement, ni ultimément ce que nous saisissons ou ce dont nous faisons notre thème. Mais la vérité n'est ni dans le voir, ni dans le saisir – modes de la jouissance, de la sensibilité et de la possession. Elle est dans la transcendance où l'extériorité absolue se présente en s'exprimant, dans un mouvement qui consiste à reprendre et à déchiffrer, à tout moment, les signes mêmes qu'elle délivre. Mais la transcendance du visage ne se joue pas en dehors du monde, comme si l'économie par laquelle se produit la séparation se tenait au-dessous d'une espèce de contemplation béatifique d'Autrui...

La vision du visage comme visage, est une certaine façon de séjourner dans une maison ou, pour le dire d'une façon moins singulière, une certaine forme de vie économique. Aucune relation humaine ou interhumaine ne saurait se jouer en dehors de l'économie, aucun visage ne saurait être abordé les mains vides et la maison fermée: le recueillement dans une maison ouverte à Autrui -l'hospitalité- est le fait concret et initial du recueillement humain et de la séparation,il coïncide avec le Désir d'Autrui absolument transcendant.

Emmanuel Levinas, Totalité et infini (1961)

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