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Schopenhauer : L'essence de la vie échappe à la mort

"La vue de chaque animal enseigne que la mort n'est pas un obstacle a la manifestation de l'essence de la vie, la volonté. Quel insondable mystère réside en chaque animal ! Regardez le premier venu des animaux, regardez votre chien : comme il se montre plein d'ardeur et de confiance ! II a fallu que bien des milliers de chiens meurent, avant qu'arrive pour celui-ci le moment d'exister. Mais la disparition de ces milliers de chiens n'a pas porte atteinte a I'idée du chien ; celle-ci n'a pas été le moins du monde troublée par toutes ces morts. C'est pourquoi le chien se présente a nos yeux avec tant de vivacité et dans sa vigueur première, comme si ce jour était son premier jour et qu'aucun ne pouvait etre le dernier, et que dans ses yeux brille le principe indestructible en lui, l‘archée.

Qu'est-ce donc qui est mort au cours de ces millénaires — Pas le chien, il est la, devant nous, intact ; seulement son ombre, sa copie dans notre mode de connaissance lie au temps.

Comment peut-on donc croire que cela périt, qui est toujours la et remplit toute la durée ? — Certes la chose est empiriquement explicable : dans la mesure en effet ou la mort a détruit les individus, la procréation en a produit de nouveaux. Mais cette explication empirique n'est une explication qu'en apparence, elle met une énigme à la place d'une autre. La compréhension métaphysique de la question ne s'obtient certes pas a si bon marche, mais elle est cependant la seule vraie et satisfaisante.

Arthur Schopenhauer, Métaphysique de l‘amour, métaphysique de la mort

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