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Machiavel : Le prince et la cruauté

Portrait_of_Niccolò_Machiavelli_by_Santi_di_Tito.jpg"Un prince doit évidemment désirer la réputation de clémence, mais il doit prendre garde à l'usage qu'il en fait. César Borgia passa pour cruel, mais c'est à sa cruauté qu'il dut l'avantage de réunir la Romagne à ses États, et de rétablir dans cette province la paix et la tranquillité dont elle était privée depuis longtemps. Et, tout bien considéré, on avouera que ce prince fut plus humain que le peuple de Florence qui, pour éviter de paraître cruel, laissa détruire Pistoia.

Quand il s'agit de contenir ses sujets dans le devoir, on ne doit pas se mettre en peine du reproche de cruauté. D'autant qu'à la fin, le prince se trouvera avoir été plus humain en faisant un petit nombre d'exemples nécessaires que ceux qui, par trop d'indulgence, encouragent les désordres et provoquent finalement le meurtre et le brigandage ; car ces tumultes bouleversent l'État au lieu que les peines infligées par le prince ne portent que sur quelques particuliers.

Mais cela est vrai surtout d'un prince nouveau qui ne peut guère éviter le reproche de cruauté. Toute domination nouvelle étant pleine de dangers, aussi Didon dans Virgile s'excuse-t-elle de sa sévérité et par la nécessité où elle est de soutenir une loyauté récente."

Machiavel, Le Prince (1532)

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