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Aristote : Cité signifie multiplicité

"Il est manifeste que si elle s’avance trop sur la voie de l’unité, une cité ne sera plus une, car la cité a dans sa nature d’être une sorte de multiplicité, et si elle devient trop une, de cité elle retourne à l’état de famille, et de famille à celui d’individu. On peut dire, en effet, que la famille est plus une que la cité, et l’individu plus un que la famille. Si bien que, serait-on à même de réaliser ce but, on devrait se garder de le faire, car ce serait mener la cité à sa perte. La cité est composée d’hommes qui non seulement sont plus nombreux que dans la famille, mais aussi diffèrent spécifiquement entre eux ; une cité, en effet, n’est pas formée de gens semblables : une alliance militaire et une cité sont deux choses différentes. L’intérêt de celle-là tient au nombre alors même que ses éléments sont de même espèce (car une alliance militaire, de par sa nature, a comme fin l’assistance mutuelle), tout comme poids plus important pèse plus lourd... Une cité, au contraire, doit être une unité composée d’éléments différant spécifiquement...

De tout cela il ressort manifestement que la cité n’est pas naturellement une au sens où certains le prétendent, et que ce qu’on a prétendu être le bien suprême dans les cités mène les cités à leur perte."

Aristote, Politiques (IVe siècle av. JC)

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