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SARTRE : PAR LE TROU DE LA SERRURE

serrure.jpg"Imaginons que j’en sois venu, par jalousie, par intérêt, par vice, à coller mon oreille contre une porte, à regarder par le trou de la serrure. Je suis seul...

Or, voici que j’ai entendu des pas dans le corridor : on me regarde. Qu’est-ce que cela veut dire ? C’est que je suis soudain atteint dans mon être et que des modifications essentielles apparaissent dans mes structures - modifications que je puis saisir et fixer conceptuellement par le cogito réflexif…

C’est la honte ou la fierté qui me révèlent le regard d’autrui et moi-même au bout de ce regard, qui me font vivre, non connaître la situation de regardé. Or, la honte, nous le notions au début de ce chapitre, est honte de soi, elle est reconnaissance de ce que je suis bien cet objet qu’autrui regarde et juge. Je ne puis avoir honte que de ma liberté en tant qu’elle m’échappe pour devenir objet donné."

Jean-Paul Sartre,  L’Être et le Néant (1943)

 

Lien permanent Catégories : =>Saison 6, Compilation de textes, Documents, Livres, [43] "Existe-t-on quand personne ne nous regarde?" Imprimer 0 commentaire Pin it!

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