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KAFKA : LA MACHINE À PUNIR DE LA COLONIE PÉNITENTIAIRE

"- Les termes de notre sentence n’ont rien de sévère. On inscrit avec la herse, sur le corps du condamné, le commandement qu’il a enfreint. Par exemple, à ce condamné (l’officier montra l’homme), on inscrira sur le corps : "Ton supérieur tu honoreras."

kafka.jpgLe voyageur jeta vers l’homme un regard rapide ; il tenait, au moment où l’officier le désignait, la tête baissée et semblait tendre l’oreille de toutes ses forces pour saisir quelque chose. Mais les mouvements de ses grosses lèvres serrées manifestaient clairement qu’il ne comprenait rien. Le voyageur avait diverses questions à poser, mais à la vue de l’homme il demanda seulement :

- Connaît-il sa sentence ?

- Non, dit l’officier qui entendait reprendre aussitôt le cours de ses explications.

Mais le voyageur l’interrompit :

- Il ne connaît pas sa propre condamnation ?

 

- Non, répéta l’officier qui s’arrêta un instant comme pour demander au voyageur de motiver plus précisément sa question, puis reprit : Il serait inutile de la lui annoncer, il va l’apprendre à son corps défendant."

Franz Kafka, La Colonie pénitentiaire (1914)

 

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