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PROPOS D'ALBERT CAMUS SUR L'ENGAGEMENT

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"Chaque génération sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde ne se défasse."         

Albert Camus, Discours de Stockholm, 10 décembre 1957, texte intégral sur ce lien : http://nobelprize.org/nobel_prizes/literature/laureates/1957/camus-speech-f.html


"Les hommes de mon âge en France et en Europe sont nés juste avant ou pendant la première grande guerre. Ils sont arrivés à l’adolescence au moment de la crise économique mondiale.., on leur a offert ensuite la guerre d’Espagne, Munich, la guerre de 1939, la défaite des quatre années d’Occupation et de luttes clandestines. Je suppose donc que c’est ce qu’on appelle une génération intéressante.., nombre de Français qui ont aujourd’hui trente ans ont formé leur cœur et leur intelligence pendant les années terribles, où, avec leur pays, ils se sont nourris de honte et ont vécus de révolte."

"La seule question était de savoir si nous allions accepter ce monde où il n’était plus possible que d’être victime ou bourreau. Et si nous ne l’acceptions pas, quelles raisons nous pouvions avoir à lui opposer."

"Nous avons compris que puisque certains d’entre-nous avaient accepté de mourir pour cette communauté, par laquelle tous les hommes communiquaient entre, c’est qu’ils avaient trouvé une valeur plus importante que leur existence personnelle, et par conséquent, sinon une vérité, du moins un règle de conduite."

Albert Camus, Discours à l’Université de Columbia, 28 mars 1946.

 

"Mais cette réflexion, pour le moment, ne nous fournit qu'une seule notion, celle de l'absurde. À son tour, celle-ci ne nous apporte rien qu'une contradiction en ce a qui concerne le meurtre. Le sentiment de l'absurde, quand on prétend d'abord en tirer une règle d'action, rend le meurtre au moins indifférent et, par conséquent, possible. Si l'on ne croit à rien, si rien n'a de sens et si nous ne pouvons affirmer aucune valeur, tout est possible et rien n'a d'importance. Point de pour ni de contre, l'assassin n'a ni tort ni raison. On peut tisonner les crématoires comme on peut aussi se dévouer à soigner les lépreux. Malice et vertu sont hasard ou caprice. (...) Dans ce dernier cas, faute de valeur supérieure qui oriente l'action, on se dirigera dans le sens de l'efficacité immédiate. Rien n'étant vrai ni faux, bon ou mauvais, la règle sera de se montrer le plus efficace, c'est-à-dire le plus fort. Le monde alors ne sera plus partagé en justes et en injustes, mais en maîtres et en esclaves. Ainsi, de quelque côté qu'on se tourne, au cœur de la négation et du nihilisme, le meurtre a sa place privilégiée."

Albert Camus, L’Homme révolté, 1951


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