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EXTRAIT DU NEVEU DE RAMEAU AU SUJET DES PHILOSOPHES

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Le prochain café philosophique de Montargis aura pour thème : "y a-t-il un Humanisme aujourd'hui ?" Il sera organisé en partenariat avec l'AME de Montargis qui propose à la salle polyvalente de Pannes le jeudi 21 janvier à 14H15 et 19H15 Le Neveu de Rameau de Diderot. Sylvie Caillaud (compagnie du théâtre du Lamparo) a choisi de mettre en scène ce texte majeur du XVIIIe siècle dans un décor digne... d'un café philosophique. Le Café Philo de Montargis est heureux d'être le "Supplément d'Ame" de ce spectacle que nous vous invitons à découvrir.

En attendant le débat du 16 janvier sur l'humanisme, voici ce qu'écrit Denis Diderot, dans Le Neveu de Rameau, au sujet des philosophe :

"Moi. — Cela est supérieurement exécuté ; mais il y a pourtant un être dispensé de la pantomime : c'est le philosophe qui n'a rien et qui ne demande rien.

Lui. — Et où est cet animal-là? S'il n'a rien, il souffre; s'il ne sollicite rien, il n'obtiendra rien... et il souffrira toujours.

Moi.—Non ; Diogène se moquait des besoins.

Lui. — Mais il faut être vêtu.

Moi. — Non ; il allait tout nu.

Moi. — Quelquefois il faisait froid dans Athènes.

Moi. — Moins qu'ici.

Lui. — On y mangeait.

Moi. — Sans doute.

Lui. — Aux dépens de qui ?

Moi. — De la nature. A qui s'adresse le sauvage? à la terre, aux animaux, aux poissons, aux arbres, aux herbes, aux racines, aux ruisseaux.

Lui. — Mauvaise table.

Moi. — Elle est grande.

Lui. — Mais mal servie.

Moi. — C'est pourtant celle qu'on dessert pour couvrir les autres.

Lui. — Mais vous conviendrez que l'industrie de nos cuisiniers, pâtissiers, rôtisseurs, traiteurs, confiseurs, y met un peu du sien. Avec la diète austère de votre Diogène, il ne devait pas avoir des organes fort indociles.

Moi. — Vous vous trompez. L'habit du cynique était autrefois notre habit monastique, avec la même vertu : les cyniques étaient les carmes et les cordeliers d'Athènes.

Lui.—Je vous y prends. Diogène a donc aussi dansé la pantomime, si ce n'est devant Périclès, du moins devant Laïs et Phryné ?

Moi. — Vous vous trompez encore: les autres achetaient bien cher la courtisane qui se livrait à lui...

Lui.—Mais il me faut un bon lit, une bonne. table, un vêtement chaud en hiver, un vêtement frais en été, du repos, de l'argent, et beaucoup d'autres choses, gue je préfère devoir à la bienveillance, plutôt que de les acquérir par le travail.

Moi. — C'est que vous êtes un fainéant, un gourmand, un lâche, une âme de boue.

Lui.—Je crois vous l'avoir dit."

Pour lire le texte intégral, cliquez ici.


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