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ENFIN UN CAFÉ PHILOSOPHIQUE À MONTARGIS !

298855073.JPGLes premiers citoyens que sont les Grecs se réunissaient au moins une fois par mois pour débattre ensemble des questions de société. C’est aussi ce que proposera le nouveau café philosophique à Montargis qui se tiendra à la Brasserie de la Chaussée tous les premiers samedi du mois de 18h30 à 20h.

De quoi s’agira-t-il précisément ?

D’instaurer et de construire ensemble un débat d’idées sur des thèmes choisis. Chacun pourra réfléchir sur un sujet, s’exprimer, construire argumentation et ligne de pensée. Loin des discours experts et des cours magistraux, ceux qui le souhaitent pourront bâtir une réponse rationnelle et argumentée à des questions qui pourront être graves ou au contraire cocasses.

Pour animer ce café, deux médiateurs accueilleront le public et encadreront ces séances. Le premier café philosophique se tiendra le samedi 3 octobre à la Brasserie de la Chaussée : il y sera d’abord question de la liberté et de sa réalité face à notre semblable et à notre promiscuité…

Voici quel sera le premier thème proposé :

Autrui : obstacle à ma liberté ?

hobbes.jpgLa question peut sembler paradoxale quant à l’évidence de sa réponse et aux conséquences néfastes qu’elle engendre... Force est de constater en effet qu’il peut être choquant d’affirmer qu’autrui m’empêche d’être libre. Dans un monde où l’être humain est aussi un être social, répondre par l’affirmative à cette question, c’est en effet suggérer soit que ma liberté n’existe pas, soit qu’autrui est à supprimer. Pourtant, à l’effectivité interrogée de ma marge de manœuvre, j’arrive très vite au constat que seul l’autre, cet alter ego constitue un obstacle. Autrui est en effet l’altérité. L’autre moi certes, mais l’autre tout court, surtout. Si j’essaie souvent de me mettre à sa place, je ne peux la prendre. Malheureusement nous sommes surtout obligés de nous confronter à un manque de place ! Autrui est une notion qui mêle proximité (notre ressemblance) et distance (nos dissemblances), mais souvent nous ne le reconnaissons qu’à cause de la promiscuité et de l’adversité qu’il représente. Tant que l’autre est même, tant qu’il me ressemble, il ne m’empêche pas. Mais seulement, existe-t-il alors ? Car lorsque autrui devient lui-même, un autre moi qui n’est pas moi, une personnalité entière avec ses propres désirs et envies, alors je le reconnais … mais comme ennemi ! Autrui c’est celui qui me gêne, m’empêche et m’énerve. Celui avec qui la communion n’est pas possible. Mais la communication l’est-elle seulement ? « L’homme est un loup pour l’homme » affirme Hobbes.« La condition des hommes hors de la société civile n’est autre que celle d’une guerre de tous contre tous ».  Naturellement, avant même la naissance de la société, je déteste autrui, je vous déteste, parce que, comme moi vous aspirez à dominer, et donc à m’humilier. La vie d’un homme se cantonne au combat contre son semblable.

SartreHuisClos01bis.jpgC’est ainsi, et dans ce contexte, que naît la définition de la liberté. Etre libre c’est à première vue faire ce que je veux … dans le respect et la protection d’autrui. Sans cela, pas de liberté effective, mais seulement un désir, un idéal de liberté ! Et même dans la liberté de droit, celle prônée et universalisée comme caractère humain au sein de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, autrui est l’obstacle, l’entrave au sens fort. En effet « la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ». Ma liberté, celle qui m’appartient, ma marge de manœuvre, celle qui consiste en mon espace de vie et d’épanouissement, celle rendant possible la construction de moi-même, de mon identité, de ma survie, de mon existence, est donc purement et simplement restreinte par autrui. Elle s’arrête, cesse ici juste devant moi, lorsqu’il apparaît, au seuil de ma vie. Il en dessine les limites, les frontières, les bornes. Mais n’y a-t-il pas contradiction à parler d’une liberté limitée ? Si je suis libre d’agir c’est que je n’y suis pas contraint. Si je possède une liberté c’est que je ne suis pas déterminé ! Faut-il alors supprimer autrui, le considérer comme un obstacle au sens physique, à dépasser, à inférioriser, à balayer ? Avec lui puis-je me construire ? Ne suis-je pas cantonné à rester à ma place, à me contraindre à la loi, à suivre, tel  un mouton, le bon vouloir du social en oubliant l’individuel, le singulier, le moi-même ?

C’est donc autrui ou moi, ma liberté ou l’autre.

Décidément, Garcin hurle la vérité. « L’enfer, c’est [bien] les autres ! » Alors, la liberté existe-t-elle dans un Etat de lois ? Suis-je libre ou social ? Puis-je en supprimer un, tout en étant ? et surtout dois-je le faire ?

Claire

 

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